79ème Congrès des Psychanalystes de Langue Française

79ème Congrès des Psychanalystes de Langue Française
BISEXUALITÉ PSYCHIQUE, SEXUALITÉS ET GENRES

La bisexualité, l’inceste et la mort


Le psychanalyste écoute les variations des positions psychiques du patient à partir des siennes : l’oscillation de la bisexualité psychique entre pôle féminin et pôle masculin dans la série qu’elle parcourt fournit d’emblée un paradigme peut-être trop évident – plusieurs objections surgissent : cela ne mène-t-il pas à sous-estimer l’angoisse de castration et la prégnance du féminin archaïque puisque la bisexualité autorise l’illusion d’une totalité sans manque ? Sa créativité dissimule une négativité qui risque d’échapper au travail analytique. D’abord utile au travail analytique, la bisexualité psychique génère en séance une résistance spécifique et des transferts complexes, dont il faut dégager les ressorts pour envisager les formes corrélatives de l’interprétation après avoir reproblématisé les relations entre sexe et genre chez Freud et en psychanalyse pour liquider des préjugés qui peuvent affecter l’écoute – ce qui mène à concevoir que l’idée d’une disposition bisexuelle originaire recouvre l’irreprésentable d’une incestualité sauvage mortifère. C’est ce qui va à l’encontre du sexe anatomique du sujet qui subit le refoulement, mais ce sont les désirs aussi bien masculins que féminins qui sont réprimés chez une même personne, c’est le féminin qui est foncièrement l’objet du refus tant chez la femme que chez l’homme – toutes ces formulations apparemment contradictoires sont argumentées par Freud. La sériepropose un véritable concept, qui accompagne toute la pensée freudienne sur la bisexualité, avec son « oscillation périodique » entre objet hétéro ou homo-sexuel, le souvenir d’une orientation précoce dans l’enfance ou révélée seulement avec la puberté. L’oscillationconstitue pour la série un système des intermittences, ou des hésitations, du cœur, de la « préférence ».

Il y a une montée dans le texte freudien vers des assertions de plus en plus radicales sur la prégnance de la féminité maternelle originaire, et l’impossibilité de la bien définir – parallèles aux assertions non moins radicales sur la quasi homologie du sadisme et du masochisme dans la pulsion de mort. On peut envisager le travail de la bisexualité psychique en séance et son devenir multiple dans les associativités – dissociativités réciproques du patient et de l’analyste à partir de la découverte freudienne de représentations « inconnues » au-delà des « représentations but » (Freud, 1900). Un complexe d’Œdipe déformé, mal organisé (mes patients Marie et Stéphane) autorise l’analyse, mais que se passe-t-il lorsqu’il ne s’est pas organisé (cas de Bob) ? Le conflit entre hétéro et homo-sexualités n’est pas liquidé, mais on ne sait pas s’il produit un clivage ou si celui-ci trouve une représentance dans ce conflit que ma patiente Catherine croitavoir, si ce n’est complètement surmonté, du moins dédramatisé – alors que l’adolescent Alexandre, lui, montre sans fard la déroute de son moi, lorsqu’il choit dans la reviviscence d’un moment infantile incestueux. Je fais l’hypothèse suivante : un désir incestueux irreprésentable est recouvert par les représentations bisexuelles, parce que l’excès du fantasme d’inceste ne peut trouver comme inscription qu’une abstraction sans contenu. La symétrie bisexuelle est l’effet imaginaire d’un triangle originaire pas systématiquement structuré, où l’incestualité attaque le moi et ses représentations identificatoires : la bisexualité est à la fois une disposition originaire qui participe de cette sauvagerie pulsionnelle parce qu’elle affole les orientations et ce qui la refoule par sa dimension classificatoire rassurante. L’analyse de la bisexualité psychique introduit à l’analyse de l’indifférenciation avec l’objet primaire, ce qu’illustrent les cas cliniques présentés.


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When
30/05/2019 - 02/06/2019
Where
MAISON DE LA MUTUALITE;
24 rue St Victor
75005
Paris, France